J'ai déjà évoqué le problème de l'eau en bouteille dans l'article précédent. Une eau qui stagne dans une flasque de
PET et irradiée pour ne contenir aucun germe.
J'avais annoncé aussi l'achat d'une carafe filtrante Brita...
Après une semaine d'utilisation, qu'en penser ?
Premièrement, le goût de l'eau n'est pas particulièrement amélioré. Il y a toujours un arrière goût de chlore ; il passe rapidement quand on laisse l'eau reposer. Il y a toujours un goût de
"pétrochimie", des relents goudronneux provenant des canalisations ; ils donnent à l'eau une légère amertume, comme la Spa (que je trouve dégueulasse).
Après quelques jours, on s'y habitue malgré tout.
Points positifs : presque plus de déchets ! En 7 jours, on a évité une dizaine de bouteilles vides ! Le café est moins amer (oui, bon, j'en bois encore une tasse le matin,
sevrage progressif...) et il y a moins de calcaire sur la résistance de la bouilloire (je ne sais pas si c'est un point
positif complet, le calcaire de l'eau étant une source naturelle de calcium dont on se retrouve privé).
Points négatifs, là... La carafe est trop grande (3,2L), elle ne rentre pas dans le frigo et l'eau est à température ambiante -- et en ces jours de grande chaleur, c'est pas génial--. Au final,
on en vient à gaspiller de l'eau (on a tenté de remplir des bouteilles de verre à mettre au réfrigérateur, mais comme le filtre doit toujours être immergé et que l'eau ne peut pas être tenue plus
de 24h sans craindre un risque bactérien -- absence de chlore oblige --, on finit par vider la carafe dans les fleurs, voire dans l'évier...).
Le développement bactérien, voilà le gros point négatif de Dame Brita -- encore plus pour un hypocondriaque comme moi --. Pour contrer ce problème, le filtre est traité aux sels d'argent
(traitement bactériostatique) ; techniquement, il n'ya pas à redouter l'apparition d'un cheptel de bestiaux dans l'eau tant que celle-ci est en contact avec le filtre (ce qui n'est pas toujours
le cas chez nous).
Ces sels d'argent passent cependant dans l'eau et ce dans des quantités plus ou moins importantes en fonction de l'âge du filtre -- le manuel a au moins la décence de le préciser --. Evidemment,
les effets de l'argent sur le métabolisme humain, et a fortiori sur la santé, sont peu voire pas connus ; ce qui permet de les laisser là où ils sont sans s'en soucier outre mesure.
Pour le problème de la quantité, la Brita va être remballée et renvoyée en boutique (j'espère pouvoir être remboursé sans qu'ils ouvrent la boîte...).
Pour le problème de la qualité de l'eau, là, pas de réponse précise.
La solution "bouteille" est à écarter pour beaucoup de raisons mais, gustativement, ça reste la meilleure. C'est assez agréable de boire un verre rafraîchissant et désaltérant sans avoir
l'impression qu'on l'a puisée dans une cuvette de porcelaine...
La solution "robinet" offre une eau potable, très contrôlée, non irradiée (pour l'instant), avec probablement moins de phalates (quoique) mais avec nitrates et assez bonne quantité de chlore
(biocide pour la flore commensale de l'intestin... ?) et autres trucs pas sympas provenant des canalisations.
La solution "carafe" nous donne quant à elle une eau plutôt pas trop mauvaise au goût, quasiment déminéralisée (si tant est que le filtre soit aussi efficient que vanté par la marque !) de tout
sauf de l'argent, mais avec probabilité de prolifération bactérienne (ceci dit, dans la nature, avant... l'eau potable n'était pas aseptisée et les gens n'en mouraient que très rarement).
Et bien voilà, il ne me reste plus qu'à attendre, regardant vers le ciel, un entonnoir à la bouche, qu'une bonne averse d'été vienne m'abreuver.
.. Comment ça, l'eau de pluie aussi est polluée ?